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Sur la piste ocre qui serpente entre Morondava et Belon'i Tsiribihina, douze géants gris-argentés surgissent de la savane. Leurs troncs de cinq mètres de diamètre s'élèvent à trente mètres de hauteur, sculptés par huit siècles de vent malgache. Le soleil décline vers 17h30, transformant le ciel en brasier orange et pourpre.
Vous roulez sur la seule route au monde où cette espèce endémique dessine une cathédrale naturelle. L'Adansonia grandidieri n'existe nulle part ailleurs sur la planète. Ces baobabs sont les derniers témoins d'une forêt tropicale qui couvrait l'ouest de Madagascar avant de disparaître à jamais.

Les Derniers Témoins d'une Forêt Disparue
Ces baobabs ne forment pas une plantation artificielle. Ils constituent les vestiges d'une forêt tropicale dense qui s'étendait sur des milliers d'hectares. La déforestation progressive a épargné uniquement ces survivants, alignés le long de l'actuelle RN8.
L'espèce Adansonia grandidieri reste endémique à Madagascar. Aucune autre population viable n'existe ailleurs dans le monde. Le ministère de l'Environnement malgache a classé le site en zone protégée en juillet 2007, première étape vers un statut de monument national.
Les coordonnées GPS 20°15'S, 44°25'E marquent cette unicité absolue dans la région de Menabe. À seulement 11 kilomètres de Morondava, cette avenue concentre plus de huit cents ans d'histoire naturelle sur un kilomètre de piste.
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Des espèces uniques de baobab sont concentrées sur la Grande île. Leur conservation est une priorité absolue compte tenu de leur rôle écologique.
Madagascar concentre l’essentiel de la diversité mondiale des baobabs. Sur les neuf espèces recensées dans le monde, sept sont présentes sur la Grande île et six sont strictement endémiques. L’espèce la plus connue, Adansonia grandidieri, domine le paysage de l’Avenue des Baobabs, dans la région Menabe. Avec ses troncs élancés pouvant dépasser 25 mètres de hauteur, elle constitue aujourd’hui l’un des symboles naturels les plus forts du pays. D’autres espèces, comme Adansonia perrieri ou Adansonia suarezensis, disposent d’aires de répartition très limitées, parfois réduites à quelques forêts résiduelles du nord et de l’ouest. Ces arbres jouent un rôle écologique majeur, tels que le stockage de l’eau, la protection des sols ou encore le maintien de la biodiversité locale. Leur longévité exceptionnelle, souvent pluriséculaire, témoigne de l’ancienneté des écosystèmes, aujourd’hui fragilisés en grande partie par les activités humaines.
Fragile. Malgré leur importance, les baobabs malgaches sont en situation critique. La déforestation liée à l’expansion agricole, aux feux de brousse et à la pression foncière a fortement réduit leurs habitats. Les populations restantes sont isolées, compromettant leur régénération naturelle. Le changement climatique accentue ces difficultés, avec des saisons sèches prolongées et des pluies de plus en plus irrégulières. Les conséquences sont terribles : plusieurs espèces sont désormais classées en danger ou en danger critique d’extinction. Pour le pays, la protection de sites emblématiques comme l’Avenue des Baobabs constitue une avancée, mais reste insuffisante. Il est clair que la survie de ces « renala », mères de la forêt, dépend d’une politique de conservation renforcée, associant État, scientifiques et communautés locales.
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Niger : le président Tiani à Zinder pour planter les graines d’un avenir vert
Zinder, 4 août 2025 – Le dimanche 3 août 2025, le général d’armée Abdourahamane Tiani, président de la République du Niger, a foulé le sol de Zinder pour présider la cérémonie officielle de la Journée nationale de l’Arbre. Ce rendez-vous annuel célébrant l’engagement écologique du pays s’est déroulé sous le signe du baobab, symbole de robustesse et de sagesse. Par ailleurs, cette deuxième édition de la fête a mobilisé autorités, citoyens et partenaires internationaux autour d’un message clair : bâtir un Niger résilient face aux défis environnementaux. Ce rituel, bien plus qu’une simple plantation, incarne une volonté de refondation écologique et de cohésion nationale.
Le Baobab, symbole de force : Zinder, cœur de l’engagement écologique
C’est sur le site Amadou Dan Bassa, nommé en mémoire d’un héros de la résistance anticoloniale, que s’est déroulée cette cérémonie vibrante d’espoir. Le choix du baobab comme arbre phare de l’édition 2025 n’est pas anodin : il reflète la force et la pérennité auxquelles aspire le Niger dans sa quête d’un avenir durable. Le président Tiani, entouré d’une délégation de haut rang, a donné le ton en participant à une plantation symbolique, un geste fort pour marquer l’engagement du pays dans la lutte contre la désertification et pour la préservation de son patrimoine naturel.
Une cohorte de hauts dignitaires et partenaires pour un acte écologique
Le chef de l’État n’était pas seul dans cette démarche écologique. À ses côtés, des figures éminentes telles que le général d’armée Salifou Mody, ministre d’État à la Défense, le Dr Mamoudou Harouna Djingarey, président du Conseil consultatif pour la Refondation, ou encore Mme Tchiroma Laminou Saade, présidente de la Cour des comptes, ont apporté leur poids à l’événement. De surcroît, la présence de Mme Doumbia Mariama Tamgara, ministre malienne de l’Environnement, et de représentants de l’Alliance des États du Sahel, a clairement souligné la dimension régionale de cet engagement écologique. Des diplomates et des responsables d’organisations internationales accrédités au Niger ont également pris part à cette célébration, renforçant son rayonnement et son importance.
Zinder en fête : quand l’écologie rime avec tradition et unité
Les habitants de Zinder, réputés pour leur hospitalité légendaire, ont transformé cette journée en une véritable fête populaire. Ainsi, animations culturelles, danses traditionnelles et remises de distinctions honorifiques ont rythmé l’événement, donnant à cette célébration une saveur à la fois solennelle et conviviale. La participation active des autorités locales, coutumières et administratives a amplifié la portée de ce rituel. Il dépasse en effet le simple acte de planter un arbre pour devenir un symbole puissant d’unité et de mobilisation collective.
De la Résistance à la résilience : le baobab, témoin d’une nouvelle ère
Le choix du site Amadou Dan Bassa n’est pas fortuit, mais profondément symbolique. En rendant hommage à un héros de la lutte anticoloniale, cette cérémonie ancre l’engagement environnemental dans une histoire de résilience et de souveraineté. La plantation d’arbres, au-delà de son impact écologique évident, devient un acte de mémoire et de projection vers un avenir où le Niger se veut maître de son destin, tant sur le plan environnemental que social.
Une journée, un symbole
Si la Journée nationale de l’Arbre se veut avant tout une célébration de l’environnement, elle est aussi une occasion primordiale de rassembler les Nigériens autour d’une cause commune. En présence de figures politiques, de représentants régionaux et de citoyens engagés, cet événement illustre la détermination du pays à conjuguer développement durable et cohésion nationale. Sous l’égide de ce baobab, qui, comme le Niger, défie le temps et les épreuves, la nation plante les graines de son avenir, un avenir où la verdure sera le gage d’une souveraineté et d’une prospérité retrouvées, défiant les défis climatiques avec une unité sans faille.
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SENEGAL-ENVIRONNEMENT-REBOISEMENT
Tambacounda, 1er août (APS) – Le fruit du baobab est le produit de cueillette le plus convoité à partir de la région de Tambacounda (est), en raison notamment de son importance pour la sécurité alimentaire, a souligné l’inspecteur régional des Eaux et forêts, le lieutenant colonel Dame Diop.
“C’est le fruit qui circule le plus parmi les produits de cueillette à partir de la région, et nous avons des endroits qui sont des zones de production comme Dianké Mahan dans le département de Goudiry, Missirah dans le département de Tambacounda, et d’autres localités d’où sortent d’importantes quantités”, a-t-il déclaré.
Il y a déjà des sociétés installées à Tambacounda pour la transformation et la commercialisation sur le marché sénégalais et même pour l’exportation du fruit de baobab, a-t-il indiqué dans un entretien avec l’APS, en prélude de la Journée nationale de l’arbre, célébrée ce samedi 2 août.
“Avec le baobab, rien n’est jeté, ses feuilles sont utilisées dans l’alimentation, notamment avec le couscous, l’écorce est utilisée pour faire des cordes pour les éleveurs, le fruit est transformé en poudre et la graine peut donner de l’huile qui coûte extrêmement cher”, a-t-il expliqué.
“C’est une espèce qui a non seulement une importance pour la sécurité alimentaire, mais surtout qui constitue une source de revenus très importante pour les communautés rurales qui n’ont pas beaucoup de possibilités”, a-t-il affirmé.
L’inspecteur régional des Eaux-et forêts de Tambacounda a salué également le rôle du baobab dans la séquestration carbone et l’équilibre écologique dans cette région du Sénégal oriental.
“Chaque espèce a son importance et toutes les espèces séquestrent du carbone. Les peuplements de baobab contribuent aussi à la séquestration de carbone. Pour ces raisons, cette espèce mérite d’être respectée et entretenue pour que son rôle dans la séquestration de carbone et l’équilibre écologique soit pérennisé comme celui de toutes les autres espèces”, a-t-il fait savoir.
Il a signalé cependant que le baobab se trouve désormais confronté au vieillissement de son peuplement et à la dégradation de certaines espèces.
“Le baobab joue un rôle extrêmement important pour les communautés, c’est une espèce dont les fruits sont récoltés et commercialisés […] mais c’est une espèce qui, aujourd’hui, est exposée à des dangers, c’est-à-dire dire que les peuplements sont vieillissants”, a-t-il alerté.
“Nous constatons également, de temps en temps, des chutes de baobab dont les raisons ne sont pas encore totalement cernées, mais ne serait-ce que pour cela, des actions devraient être engagées pour apporter des réponses pour la pérennisation de cette espèce qui joue un rôle extrêmement important de sécurité alimentaire”, a-t-il ajouté.
L’autre risque qu’encourt cette espèce, c’est son excès d’utilisation à des fins commerciales, a-t-il signalé.

“Le fait que tout soit transformé est un autre risque, pour certaines espèces, vous mangez le fruit et vous jetez la graine qui peut germer, mais pour le baobab, la graine est beaucoup plus convoitée, et c’est pour cela que le ministère [de l’Environnement] a estimé qu’il était bon que des actions soient menées […] pour protéger, restaurer et renforcer cette espèce afin qu’elle puisse continuer à jouer son rôle au profit de la communauté”, a-t-il analysé.
Plus de 71.000 plants pour la journée régionale de l’arbre
La commune de Dialacoto, dans l’arrondissement de Missirah, a été choisie pour abriter la commémoration régionale de la 42e édition de la Journée nationale de l’arbre, à travers la plantation d’arbres.
“La commune de Dialacoto a une situation stratégique par rapport à la protection du Parc national, à côté, il y a une forêt classée d’une superficie de plus de 122.000 hectares. Cette forêt, au regard des agressions et des convoitises, mérite d’être vraiment protégée”, a-t-il expliqué.
Il a ajouté : “En matière de reboisement également, c’est une commune qui se distingue par de multiples réalisations qui ont été faites par les populations, mais également par quelques privés”.
“Il y a le Parc national de Niokolo-koba, mais il y a aussi la zone périphérique qui ceinture le parc et constitue donc un tampon pour limiter les agressions. Je crois que cette forêt classée joue ce rôle-là, car non seulement il y a la coupe illicite de bois mais également la convoitise de grandes sociétés pour installer des carrières parce que le sous-sol est riche”, a-t-il poursuivi.
Dame Diop a invité l’ensemble des acteurs à veiller à la protection des ressources forestières pour maintenir l’équilibre écologique et pérenniser les ressources naturelles de la région de Tambacounda, à travers des actions de reboisement qui vont au-delà de la Journée régionale de l’arbre.
“A ce niveau-là, nous disons que toute ressource doit être valorisée au profit de la nation et des communautés environnantes. Cependant, cette exploitation devrait également permettre d’améliorer la gestion et la protection de cette forêt, et de manière générale, l’ensemble des ressources naturelles de la région de Tambacounda qui joue un rôle extrêmement important dans la satisfaction des besoins des populations en produits forestiers”, a-t-il souligné.
“Pour cette 42eme édition, nous avons 48 heures pour planter la contribution de la région qui devrait aller à plus de 71 000 plants […], et les actions de plantation pourront être continuées. Nous sommes préparés à cela et toutes les dispositions ont été prises avec l’ensemble des communautés, des exploitants forestiers, des associations communautaires et tous les acteurs pour atteindre cet objectif fixé à la région de Tambacounda”, a-t-il conclu.
ABD/FKS/HK/BK
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À Nguekokh et Diambougoum, dans la région de Mbour au Sénégal, le patrimoine naturel est menacé. Les baobabs centenaires de Nguekokh sont abattus pour laisser place à l’urbanisation, tandis que la forêt bleue de Diambougoum, un écosystème unique, est ravagée par les feux de brousse et l’exploitation agricole.

Les baobabs de Nguekokh, victimes de l’urbanisation
Autrefois majestueuse, la route de Mbour à Nguekokh bordée de baobabs centenaires est aujourd’hui défigurée. Ces arbres symboliques, considérés comme des lieux sacrés, sont abattus pour la construction de lotissements et de routes, ou pour la production de charbon de bois. Ce phénomène rapide et brutal se produit souvent sans autorisation ni étude d’impact environnemental.
La forêt bleue de Diambougoum, un écosystème en péril
La forêt bleue de Diambougoum, nommée ainsi pour les reflets argentés de son feuillage, est également menacée. Les feux de brousse, le surpâturage et l’exploitation agricole anarchique rongent cet espace naturel qui abrite des plantes médicinales rares, des oiseaux migrateurs et des arbres sacrés. La disparition progressive de cette forêt entraîne également la perte de savoirs endogènes transmis de génération en génération.
Un patrimoine hybride menacé d’oubli
Ces deux sites, Nguekokh et Diambougoum, représentent un patrimoine écologique, culturel et symbolique important pour le Sénégal. Malgré cela, ils ne bénéficient d’aucune reconnaissance institutionnelle et ne figurent pas dans les plans d’aménagement ou les politiques de protection de la biodiversité. Leur préservation dépend de la mémoire des anciens et de l’action des rares défenseurs de l’environnement.
Un appel à la mobilisation pour la sauvegarde du patrimoine
La sauvegarde de ce patrimoine menacé nécessite une mobilisation collective. Collectivités locales, chefs coutumiers, ONG, enseignants, artistes et jeunes générations doivent se mobiliser pour protéger ces espaces. Il est urgent de les cartographier, de les intégrer aux plans de conservation, de les faire connaître et de les inclure dans les programmes scolaires. Comme le souligne le lieutenant-colonel Paul Moïse Diédhiou à propos du parc du Niokolo-Koba, la promotion de l’écotourisme et l’aménagement de sites touristiques peuvent bénéficier aux communautés locales tout en préservant la biodiversité. L’enjeu est de concilier modernité et mémoire, développement et enracinement pour préserver l’avenir commun, selon Samba Niébé Ba, cité par Sud Quotidien.
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35 000 baobabs plantés à Kani par la Fondation Cœur Vert pour restaurer les forêts.
La mairie de la ville de Kani a servi de cadre, ce vendredi 18 juillet 2025, à la cérémonie de clôture de la 20ᵉ édition du Camp International de Reboisement (CIR 2025), une initiative de la Fondation Cœur Vert visant à lutter contre l’avancée du désert et à restaurer les forêts.

Organisée pour la troisième fois en Côte d’Ivoire, et une fois de plus dans la ville de Kani, cette édition s’est déroulée sous le parrainage de Monsieur Bouaké FOFANA, Président du Conseil régional du Worodougou et Ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, et sous la présidence de Monsieur Jacques ASSAHORE, Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Écologique.
La cérémonie a rassemblé de nombreuses personnalités, parmi lesquelles des autorités administratives et politiques, des responsables techniques, ainsi que des leaders religieux et communautaires de la région du Worodougou.
Dans son intervention, Monsieur Ody-Marc DUCLOS, Vice-Président de la Fondation Cœur Vert, a exprimé sa gratitude à l’endroit du parrain et du président de la cérémonie, saluant également le soutien des partenaires institutionnels et communautaires. Il a mis en avant deux faits marquants de cette édition :
1. La priorité accordée à la qualité du reboisement plutôt qu’à la quantité, grâce à l’application des bonnes pratiques enseignées par les agents forestiers pour assurer la survie des plants ;
2. L’esprit de fraternité entre les jeunesses de divers horizons. En effet, 68 jeunes de Kani ont rejoint leurs camarades venus de neuf pays, pour planter, chanter et œuvrer ensemble dans un esprit de solidarité. Un moment fort que le Vice-Président a qualifié de modèle à promouvoir et à répliquer.
En seulement cinq jours, les 249 participants ont mis en terre 35 000 plants de baobab, avec l’appui technique de la SODEFOR, pour renforcer la forêt classée de Bandama Rouge.
Dans son allocution, le Préfet de Kani a souligné que chaque arbre planté est un symbole d’amour pour la planète. Il a félicité les bénévoles, la jeunesse de Kani et l’ensemble des acteurs impliqués, tout en saluant la vision écologique porteuse de la Fondation Cœur Vert. Il a encouragé les campeurs à revenir en 2026 et appelé la population, en particulier les jeunes, à assurer le suivi des 35 000 plants mis en terre.
Il est important de rappeler que la forêt ivoirienne a connu un déclin dramatique, passant de 16 millions d’hectares en 1900 à seulement 2,97 millions d’hectares en 2021, selon les données de l’Inventaire Forestier et Faunique National (IFFN).
Pour faire face à cette situation, l’État ivoirien a adopté, en 2018, une politique de préservation, de réhabilitation et d’extension des forêts, incluant plusieurs projets structurants, dont celui de la Muraille verte de Côte d’Ivoire. Ce projet, porté par le ministère de l’Environnement, prévoit une bande de reboisement de 700 km de long sur 15 km de large, allant de la région du Bafing à celle du Gontougo, soit environ 1 050 000 hectares. L’objectif national est de restaurer 20 % du couvert forestier du territoire d’ici à 2030.
Touré Abdoulaye
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- À Lawaï, village situé au centre du Togo, des communautés ont hérité d’un akée (Blighia Sapida) abusivement appelé acajou, utilisé comme arbre à palabres depuis un demi-siècle. C’est un arbre qui occupe une place importante dans le quotidien du village.
- L’arbre à palabres, lieu de rassemblement des communautés, est un symbole d’unicité et de cohésion sociale. Avec l’évolution de la société, ce rôle a changé. En plus de leur valeur sociale et culturelle, ces arbres sont également utilisés pour des activités économiques.
- L’urbanisation menace les arbres à palabres. Dr Fousseni Folega explique pourquoi et comment préserver ces arbres. La communauté de Lawaï s'oppose fermement à leur abattage.
Sous un soleil ardent, nous empruntons une piste poussiéreuse en direction de Lawaï, un village situé dans la préfecture de Blitta, au centre du Togo, à environ 270 km de Lomé, la capitale. Nous traversons des champs arides, sans la moindre culture, alors que le mois de mai bat son plein, « période normalement consacrée aux labours et semis », nous confie le conducteur de taxi moto qui nous conduisait.
Après avoir traversé la zone qui abrite la plus grande centrale solaire du pays et laissé derrière nous quelques maisons dispersées, nous arrivons à Lawaï, qui signifie « derrière la forêt » en kabyè, la langue locale.
Durant ce trajet, nous n’avons aperçu aucune forêt, à part un akée, un arbre d’environ dix mètres de hauteur, avec un tronc fissuré comme les rides d’un vieillard.
Nous partons à la rencontre du chef du village, qui nous conduit jusqu’au fameux akée (Blighia sapida) abusivement appelé acajou, arbre symbolique pour la communauté de Lawaï. L’arbre est situé à la périphérie du village, précisément au bout de la principale piste qui y mène. La zone est entourée de quelques maisons.
Sous l’ombre de l’arbre, un petit troupeau de chèvres se repose. À notre arrivée, elles se dispersent, visiblement dérangées.
« Cet arbre existe ici depuis notre tendre enfance. Il dépasse largement un demi-siècle. C’est ici que nous vivions avec notre papa et c’est lui qui l’a planté », nous confie Bofouloum Melemsaka, chef du village, reconnaissable par son habit au pagne tissé et son chapeau rouge, symbole d’autorité.

Bofouloum Melemsaka, chef du village de Lawaï, une localité située dans la préfecture de Blitta, au centre du Togo, à environ 270 km de Lomé, la capitale. Image de Akissa-youtou Assenouwe pour Mongabay.
Lieu de rassemblement par excellence, le vieux akée de Lawaï occupe une grande place dans le quotidien de la communauté. Il sert d’espace pour les réunions, le règlement de litiges ou simplement de détente. « À l’exception des réunions confidentielles qui se tiennent chez un ancien du milieu, tous nos rassemblements, quelle qu’en soit la nature, ont lieu sous cet arbre », confie N’kandima N’danida, un habitant de longue de Lawaï.
Il nous explique que chaque premier samedi du mois, toute la population s’y retrouve pour aborder les questions touchant au développement de Lawaï.
Dans de nombreuses communautés africaines, on retrouve ces arbres emblématiques, à l’instar de l’akée de Lawaï, utilisée comme arbre à palabres.
Arbres à palabres, symbole de dialogue et de cohésion sociale
« On a cet arbre-là qui est généralement un arbre qui est assez âgé, qui va apporter son aura, son ombre, sa bienveillance. Alors moi, ce que je vois, pour avoir été quand même pas mal de fois au Sénégal, c’est là, effectivement, qu’on va résoudre tous les problèmes, que ce soit les problèmes de couple qu’il peut y avoir. Il y a aussi des conflits de voisinage. On se sert en fait de la puissance, de l’aura de cet arbre pour apaiser les discussions, la plupart du temps. Les conseils du village également, les grandes décisions à prendre sont souvent prises à cet endroit-là », dit Sébastien Garnaud, président de l’Institut pour l’étude et la conservation du baobab (INECOBA).
Cet universitaire, docteur en géologie et passionné de botanique, milite depuis 2007, à travers son association, pour promouvoir et sauvegarder le baobab africain au Sénégal, emblème du pays, et le plus utilisé comme arbre à palabres.
Pour comprendre ce qu’est un arbre à palabres comme l’akée de Lawaï ou les baobabs, dans certaines communautés au Sénégal, Mongabay a rencontré Fousseni Folega, Maître de conférences en écologie forestière et de restauration des écosystèmes paysagers et en biologie de conservation à l’université de Lomé.
« La palabre, c’est d’abord une notion africaine. En effet, quand on vient sous un arbre à palabres, on quitte avec le sourire ou du rire aux éclats. On vient sous un arbre à palabres pour chercher la solution. On vient sous un arbre à palabres pour partager son problème. Et on vient également sous un arbre à palabres pour trouver des opportunités », explique le chercheur, sur son campus, à l’ombre d’un petit manguier qui lui fait probablement office d’arbre à palabres.
Se rendre sous un arbre à palabre pour trouver une solution est une réalité bien concrète à Lawaï. Un différend foncier a pu être résolu après de multiples rassemblements sous le fameux akée. « Tout récemment, un litige foncier a failli entraîner notre expulsion du village. C’est sous cet arbre là-bas, que nous nous sommes réunis plusieurs fois, pour discuter et décider de l’avenir de notre communauté », dit N’danida, assis sous un gigantesque baobab, le regard tourné vers le ciel, observant la formation des nuages dans l’espoir d’un signe de pluie.
Selon Folega, les caractéristiques physiques d’un arbre à palabres font de lui un symbole d’unicité. « Un arbre à palabres doit avoir un gros port, un diamètre. Ce qui fait aussi que l’arbre à palabres évoque la notion de l’unicité. Tel qu’on dit souvent avec le baobab, deux bras ne peuvent pas embrasser le baobab. Et justement, quand vous êtes en face d’un arbre à palabres, un seul individu ne peut pas prendre ses deux bras et l’entourer. Ce qui fait qu’il faut être nombreux et se mettre main dans la main pour l’entourer ».
Au-delà de sa valeur culturelle, l’arbre à palabres offre de nombreux services écosystémiques. Il fournit la nourriture, aide à séquestrer le carbone et protège certains animaux.
N’kandima N'danida, un habitant de longue date de Lawaï assis sous un baobab à son domicile. Photo de Akissa-youtou ASSENOUWE pour Mongabay." width="2040" height="1530" loading="lazy" decoding="async" />N’kandima N’danida, un habitant de Lawaï assis sous un baobab à son domicile. Image de Akissa-youtou Assenouwe pour Mongabay.
Interrogé sur ce qu’ils tirent du fameux akée de leur village, N’danida, dont la maison est nichée dans un petit verger d’orangers, de papayer, de goyavier, de palmiers, de cocotiers, cite en premier les fruits de cet arbre. Il explique qu’en plus de les consommer, les noyaux peuvent être utilisés dans la médecine traditionnelle pour traiter des infections chez les enfants.
Outre leurs fruits, feuilles et fibres, ces arbres constituent « un habitat pour la biodiversité animale », indique Dr Folega.
« Les arbres à palabres contribuent à la conservation et à la protection de la biodiversité faunique, surtout ornithologique et même les chauves-souris, les chiroptères et éventuellement d’autres types de faunes volantes. On ne va pas oublier les insectes, les abeilles, tous ceux qu’on connaît qui ont un lieu idéal également pour se développer et participer au maintien de la chaîne alimentaire et trophique ».
Cinq espèces d’arbres exotiques adoptées comme arbres à palabres
Interrogé sur la biodiversité locale, Folega Fousseni indique qu’on dénombre neuf espèces d’arbres utilisées comme arbres à palabres au Togo.
Ces espèces natives du Togo ou sont des espèces que nos ancêtres ont retrouvées. Elles existaient avant eux. Voilà pourquoi on parle d’espèces spontanées. Baobab, arbre à socie, fromager, iroko, le caïlcédrat, le calebassier, sont quelques espèces d’arbres utilisées comme lieu de discussion ou de partage entre les communautés. « On a aussi le ficus polita. À Lomé, les gens s’amusent à l’appeler affectueusement l’arbre à calomnies, parce qu’habituellement, sous cet arbre, quand on s’assoit, c’est pour y raconter des commérages ou des calomnies. Ils appellent ça Lèguèdèti. Et ce type d’arbre, on le retrouve exclusivement dans les ateliers de mécaniciens à quatre roues ou même les mécaniciens à deux roues ».
Ces espèces d’arbres varient selon les communautés. Il précise qu’on peut trouver des arbres à palabres qui ne sont pas des espèces natives du Togo, mais qui, au fil du temps, ont été domestiquées, et aujourd’hui, jouent un grand rôle de rassemblement ou de cohésion sociale.
« Maintenant, on a aussi les espèces exotiques, venues d’ailleurs, mais qui aujourd’hui, indiscutablement sont devenues ou ont été adoptées comme arbres à palabres. Il y a le neem. Si je prends le campus aujourd’hui, tous les gros pieds de neem mis en terre dans les années 70-80 avec la révolution verte. Aujourd’hui, ce sont des lieux privilégiés des rencontres, que ce soit pour les étudiants, que ce soit même pour les visiteurs. Et quand vous allez dans la zone nord du Togo, à partir de Kéran remontant, vous verrez le neem pratiquement dans chaque ménage ou carrément à la devanture, où il est également utilisé ».
Manguier, melina, arbre de pluie, senna Siamea localement appelé Zanguérati, en plus du neem représentant les cinq espèces d’arbres introduites au Togo et devenues aujourd’hui des symboles culturels pour les communautés.
Arbre à palabres, des points de repère
Au-delà d’être un lieu de rassemblement, l’akéede Lawaï représente un point de repère dans le village. « C’est un point de référence pour se situer dans le village. Lorsqu’un étranger veut venir, c’est par rapport à l’arbre-là que nous indiquons les maisons. L’emplacement est également connu par les autorités du pays, notamment les maires, les députés, les organisations non gouvernementales, qui viennent souvent échanger avec nous. Si quelqu’un veut rencontrer la population, c’est sous cet arbre que nous lui donnons rendez-vous », dit N’kandima N’danida, un ancien de Lawaï que nous avons rencontré à son domicile.
De son côté, Dr Folega affirme que les arbres à palabres sont de bons indicateurs de présence, souvent appelés « landmarks ». « Les arbres qui indiquent, qui sont des marqueurs biologiques, de présence d’un phénomène quelconque. Donc, quand on voit ça, on sait qu’ici, les êtres humains se sont installés à un moment donné. Cela peut indiquer qu’il y a eu une activité liée à l’être humain qui se serait déroulée. En regardant aussi la taille de l’arbre et le niveau d’enracinement, le tronc, on peut définir à peu près combien d’années auparavant il y avait une installation d’une communauté togolaise à cet endroit ».
C’est l’exemple du caïlcédrat, un arbre utilisé dans le nord du Togo comme arbre à palabres, et qui symbolise la présence des communautés du Sahel. « Il y a des dictons qui disent que, quand vous rencontrez un Khaya, un peuple du Sahel n’est pas loin de là. Là où il y a un Khaya, c’est là que vous allez trouver un peuple du Sahel qui est en train de vendre quelque chose ».
Panapagnima Kanabia, un jeune de Lawaï qui fréquente régulièrement l’arbre à palabres pour se détendre ou participer à des événements sportifs. Photo de Akissa-youtou ASSENOUWE pour Mongabay.
La piste principale qui mène à Lawaï aboutit sous l’akée. Cet arbre se situe également à la croisée de deux voies secondaires. Ce qui fait de lui un repère pour les passants.
Selon les populations, cet arbre n’est dédié à aucune divinité. Cependant, il sert de lieu de conseil des anciens pour préparer certaines pratiques ancestrales.
Les anciens invoquent la pluie et les jeunes apprennent à préserver l’environnement
Les habitants de Lawaï vivent essentiellement de l’agriculture, une activité fortement dépendante des saisons et des variations climatiques. Dans ce contexte, les croyances traditionnelles occupent une place importante dans la vie des habitants. Le village, profondément attaché à ses coutumes, croit aux forces invisibles qui régissent la nature. Ainsi, lorsque les pluies deviennent rares, les anciens se retrouvent sous le vieil arbre pour se concerter et demander la clémence des esprits.
« En période de sécheresse comme c’est le cas présentement, c’est ici que nous nous retrouvons pour décider de ce qu’il faut faire. Ensemble, nous décidons s’il faut procéder aux libations pour demander la pluie. C’est vrai que la cérémonie d’invocation se fait sur un autre lieu tout prêt, mais la concertation sur, par exemple, le choix de l’animal à sacrifier se fait sous cet arbre », dit le chef du village.
Pour les jeunes, au-delà de servir de point de rassemblement pour les réunions, l’arbre à palabres leur sert également de lieu de détente. C’est le moment opportun durant lequel, ils apprennent les questions de préservation de l’environnement. Nous avons rencontré Panapagnima Kanabia, la trentaine, qui a regagné sa place habituelle de repos au retour des champs.
« Je viens ici au moins quatre fois dans la semaine pour me détendre. Cet arbre nous sert énormément en tant que jeune de ce milieu », dit-il, dans une posture détendue, pouce gauche bandé, avec des yeux pétillants, malgré les signes visibles de fatigue. Interrogé sur la propreté autour de l’arbre, il explique qu’ils sarclent régulièrement pour maintenir le milieu toujours propre.
Il poursuit en expliquant qu’il conscientise les plus jeunes qui fréquentent le lieu sur les bonnes pratiques à adopter pour préserver l’environnement. « Il y a certaines branches qui descendent et les enfants ont tendance à les couper. Nous les empêchons de couper ces branches, parce que ça sert d’ombre pour le village. Nous avons eu tellement de séances de sensibilisation ici sur l’importance de ne pas abattre les arbres. Et, je pense que d’autres jeunes, comme moi, comprennent l’importance qu’il y a à préserver les arbres. Même s’il arrive qu’on veuille couper quelques-uns, il faut planter d’autres à leur place pour mieux préserver l’environnement ».
Kanabia, au-delà de sensibiliser ses cadets sur la nécessité de prendre soin de l’arbre, joue également au football à ses heures libres.
Il explique que le vieil arbre sert énormément à son équipe lors des matchs. Une autre façon de profiter d’un arbre à palabres.
« Cet arbre est en quelque sorte notre tribune officielle »
Aujourd’hui, l’arbre à palabres ne sert plus seulement à régler les conflits. Avec l’évolution de la société, il est devenu un lieu polyvalent : on y organise des compétitions, vend, travaille ou encore se détend.
À Lawaï, le vieux akée est à proximité d’un terrain de foot. Les passionnés du football s’y rassemblent pour suivre les matchs. « Nous utilisons cet arbre comme espace public pour accueillir nos invités lors de nos évènements sportifs. C’est en quelque sorte une tribune. Nous avons par exemple joué un match de football le 1er mai (Ndlr : à l’occasion de la fête du travail). Cet arbre nous a servi de place publique pour les invités. C’est sous cet arbre que les spectateurs sont restés pour suivre le match. Cet arbre est en quelque sorte notre tribune officielle », dit Panapagnima Kanabia, amateur de football, adossé à l’arbre, souriant dans son maillot bleu en évoquant les bons souvenirs passés à cet endroit avec ses coéquipiers.
Interrogé, Dr Folega explique que l’arbre à palabres est devenu un lieu où se font des activités socio-économiques. « Aujourd’hui, les arbres à palabres abritent des métiers de l’artisanat. Vous trouvez un arbre qui, a priori, est un arbre à palabres, mais sous lequel vous avez une maman qui fait du colico (Ndlr : igname frit), une autre qui vend la boule d’akassa (Ndlr : pâte faite à base de l’amidon du maïs), à côté vous avez un mécanicien qui répare les motos. Et entre deux temps, la recherche d’un client, la réparation ou bien la confection d’un habit, on en profite pour se désaltérer. J’ai même oublié la distribution de la bière locale, que ce soit le tchapalo ou le tchoukoutou (Ndlr : deux boissons faites à base du sorgho) ».
Selon lui, la dimension va même plus loin. On retrouve, dans certaines localités, des maquis et des bars qui sont installés parfois à côté des arbres à palabres. Ces arbres sont délaissés à cause de l’urbanisation. Les propriétaires ont dû se déplacer sur d’autres lieux. Les nouveaux occupants réorganisent l’espace et attribuent un autre rôle à l’arbre. Il ne sert plus seulement à des échanges sociaux, mais devient un moyen de gagner de l’argent avec des activités structurées.
Même si l’urbanisation apporte une nouvelle manière d’utiliser les arbres à palabres, elle n’est pas sans conséquence.
Akée (Blighia sapida), communément appelé acajou, est utilisé comme arbre à palabres à Lawaï depuis plus d’un demi-siècle. Photo de Akissa-youtou ASSENOUWE pour Mongabay." width="2040" height="1530" loading="lazy" decoding="async" />Akée (Blighia sapida), communément appelé acajou, est utilisé comme arbre à palabres à Lawaï depuis plus d’un demi-siècle. Image de Akissa-youtou Assenouwe pour Mongabay.
L’urbanisation : une menace pour les arbres à palabres
Symbole de dialogue et de cohésion sociale, les arbres à palabres sont encore jalousement préservés dans certaines localités. Du fait de leur importance pour la communauté, ils bénéficient d’une attention particulière.
« Généralement, ces arbres-là sont un peu chouchoutés. Ils sont mis en avant, parce qu’ils sont tellement importants, effectivement, dans l’histoire du village, même dans les villes. Même à Dakar, même si c’est très urbanisé, il y a encore des arbres à palabres qui servent effectivement dans ce cadre-là, même s’il y en a beaucoup moins, mais il y en a quelques-uns que je connais. Généralement, lorsqu’on parle de l’arbre à palabres, c’est l’arbre qui est vraiment chouchouté. On n’a pas trop à s’inquiéter sur l’avenir de ces arbres-là, parce qu’on les respecte », dit Sébastien Garnaud.
Toutefois, il souligne qu’il faut rester vigilant, parce que l’urbanisation et le pâturage peuvent affecter la régénération de certaines espèces comme le baobab.
Dr Folega fait le même constat : l’urbanisation menace les arbres à palabres. Lorsque de nouveaux occupants arrivent sur une terre, ils ont leur façon d’organiser l’espace. « Habituellement, les nouveaux occupants ne sont pas en symbiose avec les rites et cultures du milieu. Soit l’arbre à palabres peut être un tabou pour lui, et il faut s’en débarrasser. Ou bien il peut occuper une place qui ne lui permet pas de faire ses aménagements, donc il faut s’en débarrasser », dit-il.
Pour préserver ces arbres, Sébastien pense que la priorité est de les connaître. Il explique que c’est ce qui l’a poussé à créer l’Institut pour l’étude et la conservation du baobab. À travers cette association, il a participé à des travaux de datation du baobab africain au Sénégal, utilisé comme arbre à palabres. L’association a également mené des séances de sensibilisation sur la nécessité de ne pas couper les arbres.
Fousseni Folega va dans le même sens en insistant sur l’importance de mener des actions de sensibilisation pour mieux faire connaître les arbres à palabres. Ensuite, faire un travail de recherche anthropologique, écologique, socioécologique.
Cela permet de « voir un peu notre dimension par rapport à cette notion d’arbres à palabres, les réorganiser en fonction des grands groupes sociaux-culturels du Togo. Et, maintenant, au regard de ça aussi, les codifier en fonction de leur importance et en fonction de leur valeur culturelle ».
Par ailleurs, il souligne le rôle de la chefferie traditionnelle dans la protection de ces arbres. Au regard du pouvoir que ces autorités ont dans les affaires foncières, « dans les prochaines campagnes de lotissement ou de morcellement de terres, on pourrait mettre à contribution certains lopins, afin de créer et sauvegarder ces arbres qui participent à augmenter les puits de carbone au Togo, à créer de l’habitat, mais en même temps, qui deviennent des lieux qu’on peut abusivement appeler des jardins ou que les municipalités peuvent aménager, permettant ainsi de résoudre le problème de manque de parcs et jardins dans nos villes en pleine croissance ».
À Lawaï, l’akée, n’a pas échappé à cette tension entre développement et préservation. Il a failli être abattu dans le cadre d’un projet d’aménagement, mais les populations locales s’y sont fermement opposées.
« Entre temps, il y a eu un projet de prolongement de la piste pour relier notre village au village voisin. Pour ce faire, il fallait couper l’arbre. Mais nous anciens du village, avons catégoriquement refusé. Pas question de le déraciner » affirme le chef du village. Selon lui, « rien ne peut justifier l’abattage de cet arbre ».
Anciens, jeunes, toute la communauté est résolument engagée à préserver l’akée, un héritage ancestral qui, visiblement, a encore de beaux jours devant lui.
- Détails
Au Zimbabwe, les habitants se tournent vers la cueillette des fruits du baobab. Un marché mondial en plein essor permettant aux fermiers de faire face au changement climatique.
Dans les zones rurales du Zimbabwe, les habitants se tournent vers la cueillette des fruits du baobab. Une source cruciale de revenus pour les communautés dévastées par le changement climatique. Les sécheresses ayant décimé les cultures traditionnelles. Alors que la demande mondiale est en hausse, les habitants doivent faire face à des conditions difficiles pour collecter et vendre leurs récoltes.
Loveness Bhitoni, habitante de Mudzi, se réveille avant l'aube pour passer ses journées à chercher des fruits de baobab, marchant pieds nus dans des paysages chauds et épineux. Elle vend les fruits ramassés à bas prix aux transformateurs industriels ou à leurs intermédiaires.
"Nous n'avons pas fait de récoltes cette année, nous survivons grâce à l'argent des fruits du baobab. Nous ne pouvons acheter que du maïs et du sel. L'huile de friture est un luxe, car l'argent ne suffit pas. Il m'arrive de passer un mois sans acheter de savon. Sans parler des frais de scolarité ou des vêtements des enfants", déplore Loveness Bhitoni.
Ces dernières années, le marché international des produits issus du baobab a connu une forte croissance, transformant les zones rurales en Afrique où les arbres sont abondants en marchés d'approvisionnement vitaux.
Cependant, Zimtrade, l'agence gouvernementale chargée des exportations, a déploré les faibles revenus touchés par les cueilleurs de fruits du baobabs. Pour pallier le problème, l'organisation envisage de mettre en place des usines de transformation.
"Lorsque vous vous rendez dans la plupart des pays, vous constatez qu'ils ont été en mesure d'établir une bourse des matières premières. Je pense que cela permet de garantir une évaluation équitable de ces matières premières et que les agriculteurs ordinaires ou les femmes et les enfants qui ramassent ces baobabs ne soient pas lésés au final, car actuellement, les acheteurs fixent des prix libres, car il n'y a pas de marché pour déterminer le prix de ces baobabs" , explique l'économiste Prosper Chitambara.
D'après Zimtrade, le Zimbabwe abrite environ 5 millions de baobabs. Selon le Centre pour la promotion des importations du gouvernement néerlandais, le marché mondial de cet arbre pourrait atteindre 10 milliards de dollars d'ici 2027.
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