|
Laurence Attali : envoyée en 93 à Dakar par l'INA pour une expertise sur la post-production d'un feuilleton sénégalais, elle revient un mois plus tard et commence des allers-retours incessants entre Paris et Dakar où elle réalise depuis la plupart de ses films. Elle acquiert la nationalité sénégalaise en Janvier 2004.
Après "Même le vent", Laurence Attali poursuit son exploration de sa relation intime à l'Afrique, et plus particulièrement au Sénégal. avec ce court métrage "Baobab". Après la langue et la rencontre des gens, c'est une dimension plus intérieure qu'elle aborde ici : celle de la Parole, de la résonance de la Parole. "Ose" car cela demande du courage : en allant plus à fond, elle prend tout simplement le risque de se planter par outrecuidance ou superficialité. Ce n'est nullement le cas et la cinéaste affirme ici la sensibilité et la retenue poétique qui fait la valeur de tous ses films. Au contraire, Baobab étonne de bout en bout. En inscrivant son film dans l'année du Sopi (le changement qui a amené Abdoulaye Wade à la présidence du Sénégal), elle relie mythologie et actualité. Alors qu'elle pensait autrefois ne pas devoir percer un mystère qui ne se révèle pas, la prégnance de l'actualité l'encourage à mieux comprendre le pays, à travers son emblème, le baobab. Il lui faut pour cela "perdre pertinence et impertinence". C'est ainsi par une caméra subjective qu'elle peut s'initier à ce pays, essayer de le comprendre pour finalement dégager pour elle-même un sens au réel, un sens à la vie.
Tout avait commencé par un rêve : "Maintenant, il est temps pour toi de chercher à élucider les mystères. Trouve le griot qui t'amènera jusqu'à moi, et quand tu me reconnaîtras, fais trois fois le tour de ma taille, caresse-moi avec du lait caillé et fais-moi part de ta demande..." C'est ainsi que j'entrais comme aspirée dans l'esprit du baobab. C'était en l'an 2000. L'année du Sopi. Et si le baobab était l'emblème du Sénégal, à travers l'arbre, je voulais comprendre le pays.
Disponible sur le DVD La Trilogie des Amours : extrait France / Sénégal - Durée : 25' Réalisation : Laurence Attali Scénario : Laurence Attali Image : Jacques PamartSon : Myriam René Montage : Laurence Attali, Françoise Attali Musique : Pape Dieng Interprétation : Moussa Touré, Oumou Sy Voix : Madou Diabaté, Myriam Eddine Attali
Ce court métrage a obtenu le Prix de la création : Baobab de Laurence Attali, 2000, France-Sénégal
|